Il est clair que je ne vais pas tenir ce rythme tout le temps. 9h30-19h30, 1h30 de pause. Stage, bonne équipe, boulot, réflexion. Remise en question des idées, de la créativité. De l'effet des psycho sur l'esprit, la vivacité et la créativité. Le soir est vraiment léger. Beaucoup trop, et ce n'est pas forcément que je n'ai pas faim. On s'en souvient, ça commence toujours comme ça. On croit maîtriser, revenir à la normale, qu'un regard peut tout changer. Mais ça ne suffit pas. C'est une drogue, ce n'est pas doux, courroux douceureux qui s'abat sur ta gueule d'amour et revenir en trombe. Un pied dans la tombe. Juste un doigt de pied, mais c'est le début. Les chiffres du compte n'arrangent rien, les tendances environnantes non plus : dépenses exigées, être in. Mais je n'ai plus de monnaie depuis une semaine, donc le frigo est presque vide. Reste crème fraîche, beurre, et gruyère rapé. Sourions alors. Mais quand t'as pas un euros pour t'acheter un paquet de pâtes, ça revient au même. Que dis-je, c'est pire. Le placard est vide, plus que des épices, du thé, du chocolat en poudre. Alors j'ai trouvé la solution : une gorgée de crème, une fourchette de gruyère, puis un doigt de ketchup. La théine est quand même salvatrice, les deux sucres rechargent la batterie. Les arlequins de Am pour remettre les pendules à l'heure. Histoire de tenir.

C'est vraiment la merde. Alors comment je paye l'école, ce n'est plus une question de vie, c'est une question de mort. Je sais que l'année prochaine ne sera pas crêmefraîchisé et me demande comment troquer ma crême légère liquide contre des féculents, des légumes ou des fruits. Plaie d'argent n'est pas mortelle, il parait. Mais c'est un peu dur aujourd'hui. C'est un peu dur depuis une semaine. C'est même impossible. Qu'on m'explique comment faire. Impossible de bosser cet été. A moins de caser un taf le soir. Entre 20h et 9h du mat. La question, c'est quoi, et comment tenir. Je ne vais pas tenir un tel rythme longtemps. Je ne sais pas comment je vais pouvoir assurer trois mois entiers à ce tarif.

Dire que c'est une question de mort, c'est exagéré, OK. Mais c'est pas simple et c'est de pis en pis. Si si, la famille. Reste le téléphone, ces conversations courtes qui ravigotent. C'est déjà ça. Merci toi. Et merci de me retrouver au Dune : pas de dépense, mais de la chaleur humaine. Je mise ma motivation dans ces choses-là. L'avenir est dans tes mains. Dans les miennes. Le moral est plutôt bon, mais ce soir, Sugar, j'ai le cafar. Un bleu Klein, mirabelle, mirador : tu me manques.