sidvicious

Tout est question de sémiose, petit Arlequin.

Lundi 10 septembre 2007 à 22:16



Leur histoire avait commencé comme elle avait fini, illogique. Très lent et à la fois trop rapide, le début comme la fin trainait en longueur. Ce n'était pas d'intensité qu'il manquait, c'était du divertissement. Le silence et les brefs résumés de pensées saugrenues meublaient leurs conversations dénuées de sens, dénudées d'intérêts. L'essentiel, quelques mots ; et des tonnes d'incompréhension. Se raccrochant aux seules palabres jugées utiles autours de thèmes précis bien sélectionnés par leur soin. Elle, Elle, la musique, les projets trop ambitieux, et le tour était joué. Un peu de mâle, beaucoup de mal. Ce qui les tenait était leur engagement envers ces plans de futur, certes morbides et irréalisables mais qui leur permettaient de rêver un peu, s'oubliant dans une réalité détestée.

Et la pendule faisait le tour hypocritement de leurs sentiments. Non, rien n'était plus comme avant, le vent tournait, chavirement sur des quiproquos et des non-dits. Certes, les deux avaient leurs parts de responsabilité, quoique mais bien trop à leur goût, pour des conneries pareilles. Et revenir à la charge, vers l'autre, faire une croix sur une décision orgueilleuse, cela  demandait un effort considérable. L'une avait fait le premier pas, utilisant l'unique occasion et les mots magiques, vocabulaire approprié ; l'autre avait répondu, même syntaxe reconnue, similaire encore une fois. L'illusion, sûrement passagère d'ailleurs, que tout recommence après s'être copieusement reniées.

Même si elles n'attendaient plus rien l'une de l'autre, leur soi-disant union dans la mort reprenait forme presque humaine. Comme un contrat tacite, liées, attachées, sans retour arrière possible, trop unies pour se la faire en solo. Cependant, chacune n'espérait rien de l'autre partie, tout en sachant qu'elles étaient là, l'une au service de l'autre, quelque part à l'écoute, et par n'importe quel moyen, la possibilité de se joindre résistait. Un "Je vais bien,  ne t'en fais pas" avec les manques et les inquiétudes que cela comporte. L'étincelle qui éclairait leur histoire s'était éteinte, mais un peu de magie, volontairement ignorée persistait encore. Comme quoi.

 

De toute façon, elles avaient changées, chacune de leur coté et l'assumant par orgueil. A présent décousue, mais se complétant, comme les deux pièces maitresses de leurs jeux dangereux. Et finalement, au fond, elles s'aimaient, le savaient, c'était juste l'essentiel …




Aucun commentaire n'a encore été ajouté !
 

Ajouter un commentaire









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://sidvicious.cowblog.fr/trackback/2197503

 

<< Page précédente | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Page suivante >>

Créer un podcast